Club Open Innovation PACA

Club Open Innovation PACA : Construire un avenir ensemble

« Et si on construisait un avenir ensemble ? » tel était le leitmotiv du troisième rendez-vous du Club Open Innovation PACA organisé par P.Factory le 5 Mai dernier. Pour rappel, le Club Open Innovation PACA vise à soutenir les collaborations entre les grandes entreprises et les jeunes startups de la région. C’est donc dans cet objectif que se sont réunis une dizaine de grands groupes. Quatre grands comptes, ENGIE, BNP Paribas, BPCE, et Bouygues Immobilier ont partagé leur ambition quant au sujet de l’Open Innovation. En voici donc, au travers de cet article, les principales lignes directrices à retenir.

Club Open Innovation PACA

LES ENJEUX STRATÉGIQUES DE L’OPEN INNOVATION POUR LES GRANDES ENTREPRISES

C’est d’abord Florence Cantelaube, directrice du Club Open Innovation PACA, qui a pris la parole pour nous énoncer les enjeux stratégiques de l’Open Innovation pour les grands comptes au XXI ème siècle. Aujourd’hui les grandes entreprises ont du mal à être innovantes en ne faisant appel qu’à leurs ressources internes. Partant de ce constat, les initiatives lancées par les grands groupes pour collaborer avec les jeunes startups se sont multipliées ces dernières années sur le territoire. Elles se présentent sous différentes formes : prise d’une partie du capital, partenariat commercial, parrainage, etc…  donnant ainsi accès aux jeunes entreprises à leurs réseaux de ventes. Ces différents processus s’accompagnent souvent d’autres initiatives telles que les hackathons ou encore les concours thématiques. Ces alliances servent les intérêts à la fois des grandes entreprises et ceux des startups dans une logique « win-win ».

Comment Engie performe grâce à l’Open Innovation ?

Logo-blue.svgEt pour nous expliquer la stratégie d’Engie, c’est Michel Estève, directeur régional d’Engie qui s’est prêté au jeu. Bien conscient que pour relever les nouveaux enjeux environnementaux et énergétiques, Engie se devait de devenir une entreprise plus innovante et agile. Malgré un centre de recherche performant, la lourdeur de sa structure ne lui permettait pas d’ancrer réellement l’innovation dans son ADN. C’est à l’issue de cette constatation que le groupe décide d’investir dans une logique d’Open Innovation et ainsi de changer la gouvernance dans l’entreprise.

La première action menée a donc été de créer un fonds d’investissement destiné au financement de startups innovantes. La prise de participation reste certes minoritaire, l’objectif n’est donc pas de devenir une holding mais plutôt d’accompagner les startups dans leur développement commercial.

Ensuite, Engie a lancé « Engie Fab », une plateforme entièrement dédiée aux startups. Grâce à ce tout nouveau support, les jeunes pousses peuvent ainsi proposer d’elle-même une innovation ou encore répondre à un appel à projet issu du groupe. Engie sélectionne ensuite les meilleurs projets pour accélérer leurs développements commerciaux dans l’intérêt de l’appel d’offre. Le groupe a également mis en place la « semaine de l’innovation » réunissant startups, partenaires et experts afin de tenter de répondre ensemble à la problématique de la transition énergétique.

BNP Paribas : Initiatives Open Innovation

logo-hdMao Chen, chargé d’affaire innovation, s’est employé à nous décrire la vision de BNP Paribas. L’innovation au sein du groupe s’est inscrit dans un long processus à la suite d’une constatation évidente : le monde de la banque connait lui aussi des transformations technologiques sans précédent. C’est pourquoi BNP a choisi de créer 15 pôles d’innovation en France, composés d’équipes spécialisées dans les innovations régionales, afin d’accompagner les entreprises innovantes. Ces pôles généralistes, englobent de nombreux domaines autour des nouvelles technologies comme la santé, la clean tech, le big data, etc. Seul un pôle est spécialisé dans les fintech et assurtech. Aujourd’hui ces pôles représentent plus de 2 000 startups accompagnées. Pour les aider financièrement, BNP investi également dans des fonds régionaux et nationaux. Ces fonds bénéficient de compétences spécifiques leur permettant de détecter les startups à fort potentiel.

Ainsi, chez BNP, l’Open Innovation se scinde en deux parties : d’un côté une offre dédiée pour les grands comptes et de l’autre, une offre pour les startups. Du côté des grandes entreprises, BNP leur apporte les 2 000 startups et donc des compétences et innovations qu’elles n’auraient pas en interne. De l’autre côté, les startups bénéficient d’un programme d’accompagnement plus complet notamment avec Innov&Connect, un accélérateur de business proposant un suivi de 6 à 24 mois. Dans la même logique, BNP a lancé « OpenUp », une plateforme de mise en relation entre les équipes de la banque et les startups. L’idée ? Créer des rencontres, échanger, innover et co-créer pour trouver des solutions et améliorer la banque de demain ! C’est également par le biais de cet outil que des appels à candidatures sont publiés. Les meilleurs projets sont ensuite sélectionnés pour collaborer pendant 4 mois avec des métiers et filiales du groupe BNP.

BPCE : Comment la démarche d’Open Innovation se déploie-t-telle au niveau régional ?

BPCE-HDC’est donc Stéphane Hannache, chef de projet innovation qui nous explique à présent la démarche de la BPCE. Tout comme la BNP, la BPCE s’est trouvée confrontée aux mêmes problématiques de mutation. Elle a donc très rapidement intégré la notion d’Open Innovation dans sa culture d’entreprise. Le BPCE s’applique à devenir « la banque préférée des startups », c’est pourquoi elle leur offre une aide financière mais également un accompagnement personnalisé.

La BPCE investit soit en direct, c’est-à-dire avec une startup déjà connue, soit indirectement par le biais d’accélérateurs et incubateurs. Ensuite, la banque s’appuie sur différents outils pour s’inscrire dans une démarche d’Open Innovation :

  • Les labs mutualisés BP et CE
  • Un dispositif d’accélération avec La Fabrique
  • Un déploiement du startup PASS : plateforme destinée à simplifier les relations du groupe BPCE avec les startups
  • Un accompagnement pour développer les écosystèmes locaux
  • Une offre technologique à travers le portail d’open API et d’open data
  • Une offre business dédiée aux startups et entreprises innovantes

La BPCE s’intéresse également aux écoles et part en quête de nouveaux talents avec le programme « ACADEMICS ». Une manière pour le groupe d’organiser son rayonnement en tant d’acteur du digital auprès des écoles et ainsi convaincre les nouvelles pépites de rejoindre le groupe.

Bouygues Immobilier : L’organisation de l’open innovation ?

bim_logo_rvb_detoure-300x209C’est au tour d’Emmanuel Sapin, responsable grande affaire, de nous présenter le processus Open Innovation du côté de Bouygues Immobilier. Le groupe connait une profonde mutation de son métier en passant de promoteur immobilier à opérateur urbain, créant ainsi la marque UrbanEra dans une démarche de Smart City. Le groupe a pris conscience que tous les modèles économiques pouvaient être renversés, d’où l’absolue nécessité d’intégrer l’innovation dans son ADN.

Bouygues Immobilier s’est alors inscrit dans une démarche d’Open Innovation il y a tout juste un an dans le but d’être plus ouvert en interne mais également d’être capable de travailler avec différents métiers et régions. C’est dans cette idée qu’est née « La Ruche », un espace de coworking pour sensibiliser aux grandes tendances de l’immobilier des startups, des partenaires et des clients du groupe. Toujours dans une démarche d’ouverture, les comités auparavant réservés uniquement aux DG régionaux se sont élargis à l’ensemble des collaborateurs. Des meetups sont également organisés deux fois par mois et animés par des leaders dans le domaine de l’innovation. Le groupe organise également des concours qui récompensent les innovations ses collaborateurs en France et à l’international, et ce, dans tous ses métiers.

Dans une démarche d’Open Innovation, Bouygues Immobilier a entrepris une prospection pour obtenir de nouveaux savoirs auprès des startups innovantes. L’objectif du groupe est maintenant de construire des projets avec les startups retenues et éventuellement de rentrer dans le capital de celles-ci. Tout comme Engie, le groupe a alors créé une société de capital-risque afin de prendre des participations minoritaires dans ces startups tout en leur assurant leur autonomie opérationnelle et commerciale.

A la découverte de Partech : le fonds d’investissement transatlantique

« Mais que cherchent les fonds d’investissements ? » Le 4 Avril dernier, P.Factory organisait un meetup à Nice sur ce thème auprès d’une assemblée composée de startupers. Et c’est Jean-Marc Patouillaud, managing partner de Partech Venture, qui s’est livré à l’exercice. Fort de plus de 25 ans d’expérience au cœur des startups françaises, il est l’un des investisseurs les plus expérimentés en Europe. Partech Ventures est un fonds de capital-risque transatlantique spécialisé dans les technologies de l’information et de la communication, présent à San Francisco, Paris et Berlin. Découvrez ou redécouvrez à travers cet article le fonctionnement et la philosophie d’investissement de Partech.

Les différents fonds d’investissements au sein de Partech

Pour pallier la problématique des différents modèles d’investissement pour les startups se trouvant à divers stades d’avancement, Partech a créé plusieurs fonds répondant aux besoins de chacun :

  • Le fonds de capital d’amorçage : les montants investis sont de l’ordre de 100K et 1M d’€. Seulement un tiers des entreprises financées en amorçage parviennent à trouver leur modèle économique dans les 18 à 24 mois.
  • Le fonds de venture : l’investissement, réservé à des sociétés plus matures est dans ce cas entre 3 et 10M d’€.
  • Le fonds de capital développement : des montants plus conséquents entre 12 et 35M d’€

Depuis le début de l’année, un nouveau fond d’amorçage a été créé chez Partech :

  • Paris Saclay seed fund : créé en collaboration avec des établissements prestigieux situés sur le plateau de Saclay (Polytechnique, HEC, Supélec et bien d’autres..). Ce fonds de 50M d’€ est le seul véritable instrument commun visant l’innovation et la création sur le plateau de Saclay. Il a pour objectif de servir à des entreprises qui ont une racine commune avec ce plateau.

Les initiatives récentes de Partech

  • Partech Shaker : premier campus de fonds venture en Europe dont la vocation est d’héberger des jeunes entrepreneurs en amorçage.
  • Partech Afrique : initiative de création d’un fonds de venture pour toute la zone subsaharienne.

Comment fonctionne un fonds d’investissement ?

Il est important de retenir qu’un fond d’investissement a une durée de vie limitée de l’ordre de 6 à 8 ans : c’est un fait dont l’entreprise doit être préparée ! La période d’investissement se fera donc de l’année 1 à l’année 5, puis, les 5 années restantes seront consacrées à la liquidité du portefeuille. Le fonds d’investissement peut alors sortir de différentes manières :

  • Introduction en bourse
  • Acquisition par un grand groupe
  • Acquisition par un fond de private equity

Quelques conseils pour effectuer une levée de fonds

  • Rencontrer le fonds en amont : avant même qu’il n’y ait un besoin, de façon à présenter son business et surtout de pouvoir faire un bilan de l’état d’avancement lorsque le moment de la levée sera arrivé.
  • Savoir calibrer ses levées de fonds : lever trop peu oblige souvent l’entrepreneur à repartir sur une levée très vite – ce qui est distractif.
  • Gérer sa table de capitalisation : un actionnaire dormant peut tuer une entreprise, il est donc indispensable de réfléchir dès la création de l’entreprise à la répartition des actions. La parité n’est pas toujours la recette miracle, l’important est plutôt de répartir en fonction de sa contribution à l’entreprise.

Les leveurs de fonds, utiles ou pas ?

Ils peuvent être un réel support en termes de rédaction des documents mais également de s’assurer d’être en contact avec des interlocuteurs pertinents. Les leveurs de fonds peuvent être utiles à condition de choisir une personne compétente dans le domaine et de ne pas déléguer complètement le travail à cette personne. Les fondateurs doivent rester les interlocuteurs des investisseurs potentiels.

Et les business angels dans tout ça ?

Les business angels sont absolument nécessaires et Partech s’applique à les traiter avec beaucoup de respect. Lors de la levée, certains préfèrent sortir, d’autres restent et certains même réinvestissent. Il faut cependant parvenir à s’entendre sur la nouvelle gouvernance d’entreprise.

Les critères d’investissement propre à Partech

  • La taille du marché : conscient qu’un marché peut évoluer, Partech sélectionne des entreprises dont le marché est estimé « à potentiel ».
  • Le management et la capacité d’exécution des fondateurs
  • Le Go to market
  • L’allure de la table de capitalisation ainsi que la répartition du capital sont deux critères essentiels qui seront observés avec le plus grand soin

Le processus de levée de fond au sein de Partech

  • Présenter son projet 1 à 2 ans avant le besoin de lever des fonds à Partech puis revenir en temps voulu avec un business plan plus abouti
  • Phase de partage de l’information au sein du fonds : première due diligence avec tous le réseau Partech : industriel, institutionnel, entrepreneurs (durée 7 et 10 jours)
  • 2eme phase : seconde rencontre avec les entrepreneurs et approfondissement du business suivi d’une présentation des fondateurs devant le comité des associés (3 semaines après le démarrage de ’étape 1)
  • 3eme phase : négociations du deal valorisation, gouvernance, clause, construction du syndicat d’investisseurs…
  • 4eme phase : mise en place des dernières due diligences consacrées à l’audit financier, social, comptable et fiscale.

L’expansion géographique : le cas du marché américain

Se frotter au marché américain est dans bien des cas, une question de survie car il reste un marché cible. Néanmoins s’implanter sur le marché américain ne s’improvise pas. Voici les  deux erreurs principales  qui sont à éviter :

  • Aller aux Etats-Unis avec trop peu d’argent et ainsi désigner une personne au sein de l’entreprise qui n’a pas les compétences nécessaires
  • Et à l’inverse, y aller avec beaucoup d’argent en voulant recruter une pointure avec un cabinet dans le pays

La meilleure option est que le CEO parte lui-même sur le marché américain en déléguant ses fonctions dans son pays d’origine à une personne solide. De cette façon, le CEO va pouvoir rencontrer ses partenaires et constituer ses équipes de la même manière qu’il a pu le fait sur le marché domestique.

Des organismes pour aider à la pénétration du marché américain

Les organismes tels que Business France ou la French Tech peuvent être de bons points d’atterrissages. La French Tech Tour possède également un très bon programme d’atterrissage pour les 6 premiers mois. A noter également que les communautés francophones représentent un bon levier lors des premiers mois sur le marché américain.
Ensuite, il peut être judicieux de faire appel à des incubateurs ou accélérateurs. Dans la silicon valley, les plus connus et reconnus sont Y Combinator, Plug and Play Tech Center et Techstars.
Partech recommande également vivement The Refiners qui vient recruter des startups en France et leur propose une immersion sur le marché américain avec un programme de coaching !